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Historique

En 1969, cinq personnalités dynamiques de la scène culturelle biennoise Olivier Blanchard, Urs Graf, Adrian et Werner Hadorn et Hugo Lehmann décident de promouvoir à Bienne une autre culture, en opposition à celle dite institutionnelle et bourgeoise. Leur but? Créer un centre culturel hors des normes reconnues à cette époque. Avec un goût de l’aventure prononcé et la conviction que l’art n’est pas immobile, ils espèrent que de cette expérience sortiront les germes de nouvelles expressions artistiques. Face à leur détermination, une cave est mise à leur disposition par les autorités biennoises. Elle se situe à la Rue Haute 1, dans le bâtiment de l’Ancienne Couronne, admirable édifice situé dans la vieille ville. C’est ainsi que naissent le Théâtre de Poche et les Kulturtäter.

Très vite on parle des Kulturtäter qui se font connaître loin à la ronde. Les spectacles proposés vont du théâtre d’avant-garde au cinéma expérimental en passant par le jazz, la littérature, la chanson, l’humour et la danse. C’est ainsi qu’on a pu voir à Bienne des troupes aussi prestigieuses que Le Grand Magic Circus, le Teatro Campesino, le Bread and Puppet, l’Odin Teatret, Les Mummenschanz, Le Living Theatre de New-York, sans oublier Emil, Farid Chopel, Gardi Hutter, Franz Hohler, Peter Wyssbord, Pierre Miserez, Maurice Baquet, Gustave Parking, Azimuth, Yolande Moreau, Le Cirque du Trottoir, etc. etc. Certains de ces artistes qui, pour la plupart n’étaient pas connus à cette époque, ont fait ensuite des carrières internationales.

Les options prises par ces cinq fondateurs sont toujours en place et servent encore aujourd’hui à guider les choix artistiques des Kulturtäter. Offrir la parole aux artistes, les écouter, les laisser s’exprimer en toute liberté, leur accorder une place de choix, leur donner le pouvoir de révéler, de distraire, d’amuser ou d’interpeller, tels sont les critères qui justifient l’existence même des Kulturtäter. Le vedettariat n’a jamais trouvé grâce aux yeux des membres du comité. Les artistes que nous accueillons trouvent souvent leur inspiration dans la réalité de la vie. Il font jaillir des étincelles et portent dans la lumière les questions que se pose encore et toujours l’être humain. Le théâtre est un lieu de vie, de rencontres, un lieu aussi où l’on prend des risques. Mais n’est-ce pas aussi un lieu où l’on peut rire de soi et des autres, de nos travers et de ceux des autres ?

36 ans plus tard dans un environnement culturel complètement différent, les Kulturtäter accordent encore et toujours une grande importance à l’originalité, à la créativité et à la qualité. Ils défendent une éthique qu’il n’est pas toujours facile de maintenir si l’on veut répondre aux demandes du public sans se disperser. L’association compte chaque année plus de 300 membres.

Dans les années 80, différentes associations culturelles voient le jour à Bienne, Filmpodium, l’Oreille-Art, Le Théâtre pour les petits, le Théâtre de la Grenouille et à partir de là les Kulturtäter se spécialisent plus particulièrement dans le théâtre et la danse. Le Festival de danse, organisé tous les deux ans, en est à sa dixième édition. En 2001, soutenus par les Affaires culturelles de la Ville de Bienne et du canton de Berne, les Kulturtäter, à la demande du public, relancent la chanson française.

Depuis 1969, les Kulturtäter sont subventionnés par la Ville de Bienne et le Canton de Berne et soutenus par le pourcent culturel Migros et Pro Helvetia.